La flambée des prix de la RAM et des ordinateurs

Jusqu’à 300 % de hausse en un an sur certaines barrettes de RAM que l’on trouve dans les appareils électroniques grand public, PC, smartphones, consoles de jeux. Depuis quelques mois, le prix de la RAM s’envole et cela ne va pas s’améliorer.

999 euros pour 64 Go de RAM. Il y a un an à peine, la même barrette de RAM de la marque G.Skill s’achetait pour 240 euros. Le chiffre frappe, mais il n’a rien d’un incident isolé. Depuis plusieurs mois, les prix de la mémoire vive flambent, avec une hausse moyenne de 50 % sur les références courantes. Une tendance qui s’explique moins par une pénurie soudaine que par la structure du marché de la RAM.

Derrière le terme générique de RAM se cache en réalité la DRAM, un type de mémoire vive bien précis et, surtout, un composant indispensable à la majorité de nos PC, smartphones et consoles. Or sa production est extrêmement concentrée : trois industriels – Samsung, SK Hynix et l’américain Micron – contrôlent à eux seuls 93 % du marché mondial. Une situation déjà surveillée de près par les autorités européennes, après des soupçons de pratiques anticoncurrentielles dans les années 2000.

Un marché verrouillé, dopé par l’IA

Mais le déclencheur de la flambée actuelle est ailleurs. Les géants de l’intelligence artificielle ont un besoin spécifique : la HBM (High Bandwidth Memory), un certain type de mémoire vive qui est essentiel pour les centres de données qui entraînent les grands modèles d’IA. Plus complexe à produire mais aussi bien plus rentable pour les fabricants, cette mémoire absorbe désormais l’essentiel des capacités de production. Et la RAM destinée au grand public passe au second plan.

D’autant plus qu’il est difficile pour les fabricants de semi-conducteurs d’augmenter leurs capacités de production. Lorsqu’un goulot d’étranglement apparaît, impossible de multiplier les volumes du jour au lendemain.

Marqués par l’effondrement du marché des PC après l’euphorie du télétravail post-Covid, les fabricants avancent désormais avec prudence et freinent les investissements dans de nouvelles usines, longues et coûteuses à déployer. Certains arbitrages sont même brutaux. Micron a annoncé sa sortie du marché grand public, accentuant encore la tension sur l’offre.

Les conséquences commencent à se faire sentir. La mémoire représente déjà jusqu’à 15 % du coût d’un appareil électronique, une part appelée à croître. Hausse des prix, configurations allégées, voire retour en force de machines limitées à 8 Go voire 4 Go de RAM : la facture sera, une fois encore, réglée par le consommateur.

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